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Littérature : Henri Lopes dédicace son huitième roman à la Librairie des Dépêches de Brazzaville

08 avr

Photo 1 : Henri Lopes pendant la séance de dédicace.   Photo 2 : Le public de l’émission Rencontre avec… Photo 3 : Henri Lopes répondant aux questions des écrivains.

Trois intervenants face à l’auteur d’Une enfant de Poto-Poto, le dernier ouvrage de l’écrivain-diplomate, se sont livrés, en présence de nombreuses personnalités, à un jeu de questions-réponses le 6 avril à Brazzaville

Henri Lopes a inauguré l’espace de la Librairie des Dépêches de Brazzaville ouvert depuis 2008 aux sensibilités du monde de la culture rompues àl’écriture. Au cours de l’émission Rencontre avec…, coanimée par Ed Chevry Diazz Kouamala de Télé-Congo et Meryll Mezath des Dépêches de Brazzaville, l’écrivain s’est fait l’écho des préoccupations des écrivains et hommes de lettres comme lui.

Les intervenants

Pour le coordonnateur de la formation doctorale à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville, le Pr. André-Patient Bokiba, Henri Lopes est constant. Allusion faite aux termes récurrents employés par l’écrivain… « Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est le thème du métissage, récurrent dans l’œuvre d’Henri Lopes, et la question de l’identité. La récurrence également de la question littéraire abordée dans d’autres ouvrages. Tout autant, l’amour. Quelque chose d’assez remarquable, ce roman c’est un hymne à l’intelligence », asouligné André-Patient Bokiba.

Pourquoi le titre Une enfant de Poto-Poto ?, s’est préoccupé André-Patient Bokiba. Henri Lopes dit mieux connaître ses écrits que lui-même. Pour lui, ce roman, « c’est une histoire, pas un essai avec des idées qui apparaissent assez éparses. Je ne cherche pas à faire concurrence aux philosophes, sociologues ou ethnologues. Outre les thèmes récurrents constatés, je dirais que ce sont mes obsessions », a-t-il avoué.

Mais, en réalité, Une enfant de Poto-Poto traduit selon l’auteur une formule de la rue. « Quand quelqu’un dit qu’il est un enfant de Poto-Poto, il parle d’une culture. L’enfant de Poto-Poto, c’est celui qui connaît au plan superficiel le jargon « micatés » qui veut dire beignets, ou « gamoutchs », c’est-à-dire les brochettes, ou encore la rumba. Par rapport à l’histoire de notre pays, c’est celui qui au-dessus des clivages ou de l’ethnicité. Poto-Poto, c’est le drapeau du Congo », a souligné Henri Lopes.

Une assertion qui rejoint l’assentiment d’un autre intervenant. L’auteur d’Une enfant de Poto-Poto souhaite convaincre son éditeur de titrer son romanTrois enfants de Poto-Poto car l’ouvrage parle de trois personnages principaux. Pour Mfumu Fylla Saint Eudes, l’écrivain-journaliste, lui-même natif de Poto-Poto, « L’enfant de Poto-Poto que nous appelons mwana ya Poto-Poto a un attachement très charnel à ce quartier. Ce qui m’a frappé, c’est le caractère réaliste de la description que Lopes fait de Poto-Poto. Un condensé des espaces et des lieux mythiques de ce quartier, qui, a contrario d’autres quartiers de Brazzaville, a l’avantage d’être un quartier du monde. »

À la question de savoir si ce qui révolte Kimia, la narratrice, n’est-ce pas ce qui révolterait l’auteur, Henri Lopes répond : « J’ai manqué de modestie en écrivant ce livre, parce que j’ai voulu offrir un livre qui sent les odeurs, les couleurs de notre pays. Un romancier congolais doit pouvoir être lu par d’autres citoyens du monde sans qu’ils ne soient dépaysés. »

Pour le Pr. Jean-Luc Aka-Evy, directeur général des arts et des lettres, « nous avons tous quelque chose de Poto-Poto. Il s’agit en réalité de la musique. Parce qu’il n’y a que cela dans l’ouvrage d’Henri Lopes. Du début à la fin, le roman contient les titres de chansons mythiques, à commencer par l’ambiance, Indépendance cha cha, Mokolo na kokufa etc. Il fait mention des lieux où se déroule l’ambiance. » Une sorte d’hommage rendu à l’écrivain Henri Lopes.

Présentation du roman

Une enfant de Poto-Poto, cet ouvrage de 273 pages publié aux Éditions Gallimard en 2012, fait le récit d’une amitié liant deux jeunes femmes que l’évolution de leurs pays va séparer un moment. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, mais aussi de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé.

Entre Pélagie et Kimia, un « moundélé », autrement dit un Blanc, Franceschini, mais lui aussi, un enfant de Poto-Poto ? Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. À contre-courant des clichés, l’auteur offre au lecteur trois émouvants destins en perpétuels dialogues.

Comme on peut le lire : « De l’Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou. »

Entre autres publications d’Henri Lopes : 1972, Tribaliques, nouvelles ; 1976, La Nouvelle Romance, roman ; 1977, Sans tam-tam, roman ; 1982, Le Pleurer-Rire, roman ; 1990, Le Chercheur d’Afriques, roman ; 1992, Sur l’autre rive, roman ; 1997, Le Lys et le Flamboyant, roman ; 2002, Dossier classé, roman.

Par Jrang An@go.

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