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Table ronde Géopolitique africaine : le développement durable enjeu du développement du Bassin du Congo

19 mar

NB : Le Bassin du Congo occupe une superficie de 227,61 millions d’hectares et constitue la deuxième réserve de forêts denses et humides au monde et 70% du couvert forestier dense et humide d’Afrique. Il couvre neuf pays d’Afrique centrale (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RD Congo, RCA, Rwanda, Sao Tomé et Principe) pour une population de 96 millions d’habitants et une densité de 23,7 habitants au kilomètre carré.   Photo 1 : Henri Djombo  Photo 2 : J. Luc Aka Evy  Photo 3 : Eric Joel Békalé et Augusta Conchiglia

Le développement durable comme enjeu du développement du Bassin du Congo a fait l’objet d’une table ronde le dimanche 18 mars en présence du ministre congolais de l’Économie forestière, Henri Djombo, du directeur des Arts et Lettres du Congo, Jean-Luc Aka Évy, et de l’écrivain et diplomate gabonais Éric-Joël Békalé, avec pour modérateur la journaliste Augusta Conchiglia

Henri Djombo a défini le développement durable comme le processus résultant d’une planification stratégique des actions à engager, des mesures à prendre, des projets à réaliser et des ressources a mobiliser à court, moyen et long termes, « en vue de la promotion de l’essor économique et du progrès social, sans la mise en péril de l’équilibre naturel de la planète, tous secteurs et toutes échelles confondus, locale, nationale, entrepreunariale, organisationnelle ».

En effet, ce mode de développement vise à satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins, en s’appuyant sur trois piliers, environnemental comme condition sine qua non du développement, social comme finalité, et économique comme moyen. Ce qui passe par « une planification de l’avenir, a soutenu Henri Djombo, en vue d’une perpétuation des ressources renouvelables et non renouvelables ».

Henri Djombo est revenu sur la genèse du développement durable et a regretté que depuis 1992 les efforts entrepris ne soient pas à la hauteur des défis à relever et des attentes, tant au niveau international, sous-régional que national. Les modes de production et de consommation favorisant le déséquilibre écologique et le réchauffement climatique n’ayant guère changé au profit de la préservation de la planète. Il s’est interrogé sur le fait que les moyens mis en place pour assurer les besoins alimentaires de la population en croissance n’ont pas évolué.

Présent à travers le stand Livre et Auteurs du Bassin du Congo, l’espace du Bassin du Congo abrite un capital unique de biodiversité avec près de la moitié des espèces terrestres. Les chefs d’État ont tenu un premier sommet sur la forêt en 1999, au cours duquel ils ont adopté une déclaration, dite de Yaoundé, exprimant leur engagement pour la conservation et la gestion durable de leurs écosystèmes forestiers. Au cours de leur deuxième sommet sur les forêts, à Brazzaville au Congo en février 2005, les chefs d’État ont signé un traité relatif à la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale, un texte à valeur juridique contraignante qui engage les États de la sous-région à inscrire dans leurs priorités nationales la conservation et la gestion durable des forêts ainsi que la protection de l’environnement.

Plusieurs organes et processus sous-régionaux sont désormais mis en place : la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) instituée par le traité de Brazzaville, la Conférence sur les écosystèmes des forêts denses et humides d’Afrique centrale (Cefdhac), la Conférence ministérielle sur l’application des lois forestières et la gouvernance en en Afrique (Afleg). Malgré cet arsenal juridique, des interrogations demeurent sur leur efficacité réelle, tant au plan national que sous-régional et international, au point que certains experts plaident pour leur réajustement et leur remodelage tant l’insécurité alimentaire et la pauvreté n’ont pas diminué.

Au regard de ces multiples enjeux et du rôle de la forêt du Bassin du Congo dans la préservation de l’environnement mondial, la responsabilité de sa gestion durable devrait être globale, selon Éric-Joël Békalé, et ne saurait par conséquent incomber aux seuls pays abritant celle-ci. Une considération que les acteurs des pays du Bassin du Congo estiment légitime en se fondant sur la solidarité de la communauté internationale. Or les principes adoptés jusqu’ici sont non contraignants et ne peuvent véritablement infléchir les tendances actuelles, comme le demande Henri Djombo, « pour une meilleure utilisation des ressources renouvelables, le développement du secteur infrastructurel, la sécurité alimentaire, la croissance économique et la lutte contre le changement climatique, l’utilisation des technologies adaptées, et des financements ». Ce qui n’est possible que grâce à une volonté politique et une coordination des stratégies nationales et sous-régionales, a-t-il ajouté. Or le développement durable manque de moyens et de calendrier.

À l’occasion du sommet de Rio+20 qui se tiendra en juin, Henri Djombo souhaite que la communauté internationale tienne ses promesses et concoure à la solidarité internationale et définisse des mesures plus coercitives. Derrière ce discours, on est en droit de penser que les pays du Bassin du Congo en particulier et l’Afrique globalement vont à Rio+20 pour demander un système de compensation ainsi que des mécanismes alternatifs permettant aux populations et aux États de limiter l’impact économique et social.

Il est aussi important de souligner qu’un fort développement des surfaces dévolues aux aires protégées a eu lieu ces dernières années dans la sous-région. Parmi les tendances les plus marquantes apparues récemment dans la sous-région, on retenir la certification des bois, l’industrialisation de la filière et l’entrée en scène de nouveaux acteurs que sont les ONG environnementales, qui n’ont cessé de mettre la pression.

Le secteur forestier a aussi connu une autre évolution, avec une tendance générale à l’industrialisation, en réponse à la fois aux réquisitions des nouvelles lois forestières et aux politiques visant à maximiser la valeur ajoutée locale. Henri Djombo a cité l’exemple du Congo qui possède 10% des forêts du Bassin du Congo et son expérience dans la gestion durable de ses ressources forestières à travers la Société congolaise industrielle des bois, modèle de développement durable en milieu rural, dans la gestion responsable, écologique et participative, son poids économique dans le pays, deuxième employeur après la fonction publique.

Jean-Luc Aka Évy pense, quant à lui, que le développement durable est une promesse sans lendemain en raison d’un manque de vision claire des dirigeants d’une part, mais aussi parce que le concept ne rime pas avec l’histoire africaine, et s’appuie sur le modèle occidental.

Éric-Joël Békalé a constaté par ailleurs deux problématiques essentielles, à savoir la raréfaction des ressources non renouvelables, et s’est interrogé sur l’héritage qui sera laissé à nos enfants, tout en plaidant pour la pérennisation de la race humaine, rappelant le fameux slogan « pollueur-payeur ».

Par Jrang An@go.

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