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Recherche : John Mokili, un biologiste congolais qui traque à San Diego les virus inconnus

28 oct

Photo : Le Dr John Mokili.

Assistant de recherche à l’université de San Diego, en Californie, le Dr John Mokili a donné une conférence en Italie sur les maladies émergentes

Le domaine de recherche du Dr John Mokili, biologiste originaire de la République démocratique du Congo, est peu connu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Société européenne de microbiologie et des maladies infectieuses l’a invité à Venise, la semaine dernière, pour venir présenter à ses collègues l’état d’avancement de ses intéressantes recherches. Médecins, chercheurs et professeurs de biologie y étaient rassemblés pour entendre des communications sur les maladies oubliées. Mais la spécialité du Dr Mokili va plus loin, si l’on peut dire, puisqu’il s’occupe de maladies inconnues…

Par définition, une maladie inconnue cesse de l’être dès lors qu’on réussit à cerner son mode de transmission, ses manifestations cliniques, son réservoir et les parades éventuelles que la science a mis au point pour la combattre ou l’empêcher d’attaquer l’organisme humain. Une méthode a été développée aux États-Unis : c’est la méthode de séquençage métagénomique, dont le Dr Mokili est devenu l’un des spécialistes reconnus. Aux yeux du citoyen ordinaire, elle consiste en une manipulation de virus prélevés sur des personnes dont la cause du décès n’a fait l’objet d’aucune certitude scientifique. Il existe en effet des milliers de cas de décès suspects survenant en hôpital, et de maladies sur lesquelles les praticiens n’arrivent pas à mettre un nom.

C’est ici qu’interviennent les chercheurs de l’université américaine de biologie de San Diego. Dans certains cas, dit le Dr Mokili, il arrive que l’on découvre chez une personne ayant présenté les symptômes d’une simple grippe, des virus inconnus. Ces virus, qui ne sont pas de rhinovirus, attirent la curiosité de la science. La méthode métagénomique permet des croisements qui aboutissent à la découverte d’autres causes et d’autres formes de maladies, pas toujours mortelles. Dans la passion de sa recherche, le Dr Mokili explique : « Les virus ne sont pas nouveaux ; ils n’apparaissent pas et ne sont pas échappés de laboratoires plus ou moins secrets. Les virus sont l’entité biologique la plus abondante de la planète terre. Simplement, les tests utilisés jusqu’ici – la culture, la sérologie ou la biologie moléculaire – ne révélaient qu’environ 1% d’entre eux. »

Aujourd’hui, la science passe « de l’obscurité à la lumière en quelque sorte. C’est comme si on avait toujours vécu dans une maison sans lumière et que celle-ci vient à être activée soudainement. Nous voyons des choses que nous ne soupçonnions pas. Mais ce n’est pas pour cela qu’elles seraient nouvelles ; simplement, nous ne les voyions pas jusque-là parce que nous ne disposions pas du bon instrument de recherche, c’est tout. Aujourd’hui, on parle de virus comme les TTV que nous ne connaissions pas hier, mais ils ont toujours été là. D’ailleurs, je dois lever une équivoque : tous les virus ne sont pas nuisibles. Si on venait à les éliminer de l’intestin de l’homme, par exemple, on tomberait malade ! C’est pourquoi, même dans les cas de morts de causes inconnues, les virus que nous découvrons ne sont pas forcément la cause principale d’un décès. »

Lucien Mpama

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